chez F.O.G.
Tiens, avec les nouvelles dispositions que France Télévision a pris avec ses animateurs, nous retrouvons une grille de rentrée un peu chamboulée : mais également un contenu un peu désépaissi : 'chez F.O.G' est un peu décevant comparé à 'Cultures et Dépendances' : exit le débat musclé entre auteurs, exit les bons chroniqueurs. Début de campagne oblige : aurait on affaire à un plateau politique et à une littérature-alibi ?19h samedi 9 Septembre sur France 5. Pour cette première émission, F.O.G. (Frantz Olivier Giesbert) avait invité sur son plateau François Bayrou. Face à lui, trois personnages, ayant en commun d'écrire des livres 'politiques' et qui en acceptant l'offre de F.O.G de participer à un débat, étaient plutôt venus faire leur promo-télé sous pretexte de. Car de débat, il n'y en a pas eu vraiment.
D'abord notre ami Jean François Kahn, intellectuel passionné et passionnant, mais produisant un ènième bouquin sur les élites (c'est incroyable ce que les élites parlent d'elles mêmes, même si modestement et adroitement elles ne s'incluent pas dans ce titre).Je me demande d'ailleurs si finalement écrire des choses intelligentes sur ces gens qui nous gouvernent, ce ne serait pas un peu faire du 'Voici' d'intellos. Un 'Voici' dont les pamphlets remplaceraient les images. Sur le principe finalement du "hé les nains, regardez comment vivent les grands" mais avec ici en plus la démagogie de faire croire aux nains en question qu'ils n'en sont point... Pardon J.F.K-bis, je n'ai pas encore lu votre bouquin et franchement mes mots dépassent ma pensée.
En fait vous me plaisez beaucoup, Mister Kahn, j'adore vos indignations et surtout, votre faconde : Vous battez je pense un record de débit de mots et d'idées à la seconde, une vitesse de micro-processeur hallucinante derrière ce front immense, surplombant un visage expressif comme c'est pas permis, avec toujours cette tournure d'esprit ironique et goguenarde qui vous donne la bouche hilare et l'oeil pétillant, mais ce n'est là que le feu d'étincelles nourri du pétard pas du tout mouillé du propos explosif sous-jacent; pas mouillé disais-je, malgré parfois les quelques postillonnances dûes au débit de mots et d'idées sus-cité.
(voilà, je vous l'ai fait à la JFK-bis et comme lui, à la fin de ses tirades, j'ai un grand sourire en ce moment qui me traverse la tronche).
En deuxième, parité oblige, Faïza Guène, une charmante et agréable jeune fille dont j'apprécie le propos : "Mes parents sont d'Oran. Je dis tout le temps que je suis algérienne même si je suis née ici." et qui publie son deuxième roman "Du rêve pour les oufs" chez Hachette Littératures. C'est un brin de fraicheur et de charme. Entre les deux intellos qui l'entourent, son propos est simple, clair. Une jeune fille qu'on a l'occasion de voir ici ou là sur les plateaux télé , et qui brille par son intelligence et son humilité. Mais quand on est femme , faut se battre deux fois plus : même Bayrou le gentleman n'arrêtait pas de lui couper la parole.A sa gauche, un troisième et dernier personnage, dont j'ai oublié le nom, auteur d'un roman de politique fiction, déjà aperçu quelque part, portant des lunettes noires dans un studio TV sans soleil, un peu inquiétant dans ses propos et engoncé dans des affirmations définitives et extrèmes, le genre : violence à fleur de peau, et qui a failli quitter le plateau quand notre ami J.F.K-bis a eu le malheur de le traiter de faschiste. Aïe aïe aïe. Le monsieur l'a très mal pris et vu la dizaine de fois où il en a reparlé on peut penser qu'il a eu du mal à encaisser. Il a même fait des menaces à un JFKb qui a commencé à se demander s'il n'avait pas raté l'occasion de se taire.
Le propos de JFKb soulignait seulement un léger petit défaut comportemental : vous savez, ce genre de gars qui vous interrompt tous les deux mots pour vous maudire si vous ne pensez pas comme lui ou bien, pire encore : vous bénir si vous pensez comme lui.
François Beyrou d'ailleurs, un peu plus diplomate, a senti venir le coco et a pas trop mal géré, il s'est fait bénir, l'autre maudire, et FOG en polémiste goguenard, rire en coin, buvait du petit lait.
Ouais, j'ai cru revoir du Polac ou même du De-Chavannes, vous savez ce petit moment de bonheur chez vous quand vous n'en croyez pas vos yeux de voir la télé pendant un moment flageoler sur ses jambes. Oh ça dure pas longtemps, mais c'est un petit bonheur de voir la télé moins lisse. C'est si rare.
J'ai ri aussi quand FOG a engueulé JFKb parce qu'il a exprimé une idée supérieure aux 15 secondes réglementaires : il le connait pas ou quoi ? Il l'interrompt et lui dit un truc du genre : "oh lui eh, il répond même pas à ma question, il est rien qu'en train de vendre son bouquin" l'autre interloqué : "oh hé même pas vrai". J'ai cru qu'on allait en venir aux mains : Du De-Chavannes aux grands soirs des mardi qui décoiffaient.
Sinon faut parler quand même de François Beyrou, mais bon, je l'ai trouvé égal à lui même. Un parlementaire, interviewé en début d'émission, et dont je ne me souviens plus du nom, le comparait à un kangourou. Le kangouBeyrou. Serait-ce parce qu'il bondit de droite à gauche ? boiiing à droite : paf! un petit coup de poing à Monsieur Sarkozi, boiiinnng à gauche : paf! et un petit autre à Madame Royale.Mesdames Messieurs, les indécis et les "à-qui-on-la-fait-pas-du-Sarko-Ségo" vous avez là quelqu'un qui pense, à mon avis un peu présomptieusement, incarner le Centre. Une nouvelle utopie d'honneteté et de moralité face aux grands méchants pas gentils de droite et de gauche. Paraitrait même qu'ils s'entendent pour gouverner chacun à son tour. (A ouais, Monsieur Beyrou, nos urnes seraient truquées ?) C'est dingue comme le discours, quand il frôle la démagogie poujadiste, finit par ressembler aux discours des deux extrèmes.

3 commentaires:
Je n'ai pas vu cette émission. Hé oui, dans la discipline qui consiste à scruter la grille de rentrée télévisuelle pour en extraire la substentifique moelle me voilà encore bon dernier ;)
Je tâcherai de faire mieux la prochaine fois, et de voir la suivante car j'aime bien le brouillard (fog) :) .
JFK je ne connais pas bien le personnage, mais la jeune demoiselle je l'avais vue par ailleurs (JT de 13h sur France2) et il semble qu'elle a la sensibilité de parler de ce qui touche de près à l'actualité (les sans papiers ces jours ci)... La réalité du terrain fait souvent du bien quand aux discours de nos élites.
Quand à FBeyrou j'aime bien le discours qui cherche une 3ème voie pour ne pas se conformer aux pistes précédentes quand celles ci s'avèrent inefficaces, mais attention à ne pas se démantibuler à force d'être écartelé entre plusieurs voies.
L'écrivain à lunettes noire est en fait le génial Mauric G. Dantec.
Outre sa plume sublime, ses idées sont visionnaires...C'est le Philip K. Dick actuel.
Pas vu l'émission, mais connaissant un peu M.G.Dantec au travers ses oeuvres (pas beaucoup, n'étant pas une fan de SF)je peux imaginer le face à face truculent de cet "écorché vif de notre société bien pensante", souvent extrémiste dans la provocation violente et gratuite, avec JFK.
Voilà qui s'appelle un plateau de choix ! Bravo MONSIEUR FOG
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