26 mars 2008

A bord du Darjeeling Limited

Si vous aimez les trains, et particulièrement les trains les plus baroques du monde, si vous aimez l'Inde et ses voitures extraordinaires, ses éléphants et ses turbans, ses femmes hindoues aux tilakas sur le front et aux vêtements colorés, ses hommes en robes écru et au regard perçant, et si en plus vous aimez l'humour déjanté et que la tête de ces trois ahuris vous fait déjà saliver et vous frotter les mains de plaisir, vous risquez alors de rentrer dans cette salle de ciné et monter à bord du Darjeeling Limited, qui n'est autre qu'une sorte d'Orient-Express indien aussi extraordinaire qu'hallucinant.

Mais je vous préviens tout de suite, pour ce qu'il s'agit de l'Inde, elle n'est ici qu'un malheureux carton pâte, joli décor d'une comédie qui s'avère insipide et décevante, l'Inde et sa spiritualité réduites à un simple prétexte pour délire mystico-occidental de recherche du sens de la vie. C'est tellement creux que ça résonne : çà aurait mérité d'être traité avec un judicieux sens du non-sens, mais non : c'est un bazar enchevêtré de situations, de personnages ou d'éléments disparates. On reste perplexe sur l'intention cinématographique du réalisateur Wes Anderson, intention qui, je l'avoue, m'a personnellement complètement échappé.


Alors pour le fil à suivre, c'est tellement décousu que je crois qu'il n'y a pas d'histoire, aucune intrigue, une enfilade de situations sans queue ni tête. Si vous avez vu la bande annonce dans laquelle on voit un train arrêté quelque part vers nulle part : on entend dans le dialogue : 'le train s'est perdu...', 'non c'est pas possible puisque le train il est sur des rails...' et bien voilà : si vous aimez rigoler, be happy ! vous avez économisé un ticket de cinéma et 1h30 de votre temps, puisque vous avez vu tout ce que le film a de drôle.

Les trois acteurs principaux, bien que forts sympathiques, n'arrivent pas à convaincre, malgré un jeu agréable et une caméra très originale. Peut être qu'ils sont un peu comme nous finalement, eux aussi : un peu paumés par ce film.

C'est dommage car il y a beaucoup de bons ingrédients exotiques dans ce poulet-tandoori sans volaille, dans ce film plein de promesses et de voyage mais résolument vide de son essentiel.

23 mars 2008

Into the Wild

Carnet de bord, août 1992 : "Le bonheur n'est réel que s'il est partagé."

Imaginez que pour partir vers vos chimères, vous ayez tranché à mort dans la chair de vos plus profondes amitiés, leur ayant obstinément tourné le dos pour préférer aller jusqu'au bout d'un solitude extrême, un face à face romantique mais mensonger avec une nature qui à bien y regarder, n'est pas si généreuse qu'il y parait, pour finalement arriver à comprendre - mais un tout petit peu trop tard - que le 'paradis c'est peut être aussi un peu les autres', mais surtout, pour réaliser avec effroi que tout à coup, la porte de retour s'est brusquement refermée derrière vous.

Il semble y avoir un romantisme fort dans l'extrême. Mais il me semble qu'à y regarder de plus près, il est plutôt fragile car derrière ce qui ressemble à de l'héroïsme et qui pourrait se confondre à une séduisante force intérieure, se cache aussi un entêtement égoïste et aveugle - peut être même violent - en tout cas beaucoup moins romantique qu'il y parait.

Surtout que dans ce film, la part de romantisme de cet extrême là - épris de beauté et de grands espaces - peut apparaitre encore plus forte que d'autres et peut d'autant mieux cacher sa face sombre, une sorte de fuite en avant, en quelque sorte, élégante et pleine de superbe, une espèce de pureté et de quête de liberté qui appelle à l'admiration mais qui s'enfermant sur elle même, comme un rayon de soleil qui se prendrait pour le soleil, fait oublier à l'humain, ses liens chaotiques et déchus avec le paradis perdu.

Pourtant que de signes sur son chemin : Cette amie hippie qui sait parler à son cœur et qui se révèle être une mère désespérée de la disparition de son fils : n'y voit il donc pas la souffrance de sa propre mère ? N'y a t'il pas là une sorte de destin qui envoie devant lui , des messages dans sa fuite ?

Et ce Ron, qui a aussi perdu dans un accident femme et fils, avec qui il va trouver enfin une relation forte de fils et de père, ce vieil homme qui va s'attacher à lui comme à son propre fils et à qui il va aussi briser le cœur ? Ce Ron qui, avec intelligence et délicatesse, va aborder la question de Dieu. Mais on est loin de ce christianisme virulent qu'on entend parfois aux États-Unis. Ici, le vieux Ron, devenu chrétien dans ses malheurs, veux lui prêcher la bonne parole, et ça se passe avec beaucoup de pudeur et d'élégance, et surtout avec sagesse et profondeur, expliquant qu'aimer c'est pardonner.

Peut être est ce là encore un signe pour briser avec douceur la fuite en avant de ce grand adolescent épris de grandeur, car le film nous explique petit à petit pourquoi ce Christopher McCandless, dont ce film est l'histoire réelle, a quitté ses parents avec révolte, leur reprochant leur conditionnement à la culture américaine de la réussite sociale, leurs esprits corrompus à l'argent et à l'hypocrisie du paraître.

Encore un regret pour les amoureux des "Happy End" : cette petite ado follement éprise de lui, rencontrée dans ce camp de hippies, et élégamment respectée par Christopher, mais pour qui, même l'amour était trop étroit pour cet esprit enivré de sa propre illusion.

Sean Penn avec beaucoup de tact, respectant la volonté de la famille de Christopher, a porté à l'écran l'histoire de ce jeune homme tirée du livre de Jon Krakauer "Voyage au bout de la solitude".





02 mars 2008

On n'est pas couché...

Cette émission porte bien son nom et moi je la traiterais volontiers d'étouffe-chrétien' car 'qui se couche tard le samedi soir rate le tocsin le dimanche matin'. Comprendra qui voudra....

Laurent Ruquier, qui a remplacé Thierry Ardisson pour animer cette émission, me fait personnellement penser à Philippe Bouvard, dont je pense qu'il est le digne successeur, bien qu'à mon avis, il préférerait qu'on le compare à Sacha Guitry. Pourtant de Mr Bouvard, je lui prédis la même longévité médiatique. Avec des hauts et des bas, car ce genre de personnage peut beaucoup plaire mais également beaucoup lasser. Ils ont également en commun une solidité dans la durée, une sorte d'opiniatreté dont je pense que c'est là une de ces qualités paysannes qu'on pressent ataviques chez ces faux-parisiens. Si c'étaient des rameurs, ils ne feraient pas des grandes avancées à chaque coup, mais par petits coups et beaucoup de persévérance ils arriveraient à placer leur barque où ils le veulent.

Je crois qu'il y a entre eux beaucoup de ressemblance. A commencer par leur amour insupportable du jeu de mot, mais aussi d'un solide sens de la répartie, ainsi que de leur capacité incontestable à animer un groupe d'amis autour d'une table, appelés chroniqueurs quand cette table est sous des projecteurs. Mais au delà, de ces atouts en main, je pressens comme une sorte de complexe provincial indécrottable. Je connais moins Bouvard, mais je me souviens des débuts de Ruquier arrivant à Paris : en quelques mois il s'était déguisé en parisien. Je ne m'avancerai pas, mais j'ai parfois l'impression que même son homosexualité, dont il aime coquettement faire allusion, fait partie de la panoplie.


Autre point : devrait on lui dire qu'on avait compris que l'émission est enregistrée à l'avance et qu'il devrait arrêter cette comédie complètement dépassée de mentir à l'écran sur la date du jour... ? Je suis d'autant plus étonné de cet archaïsme là, que justement ici, on a affaire à une émission de promotion qui ne cire pas les pompes des invités, et qui donc ne prend pas les téléspectateurs pour des imbéciles.


Eric Zemmour a une analyse originale et profonde, particulièrement dans son domaine, l'histoire politique de la France. Il évite les poncifs et aime expliquer ce qu'il a lui même compris. Je crois même que ce trait particulier, cette faculté pédagogique d'expliquer plutôt que d'affirmer ce qu'il énonce, est importante dans la psychologie du personnage. C'est un prof dans l'âme en quelque sorte. Un bon prof qui ne pourrait pas dire une phrase sans l'avoir lui même parfaitement comprise. Ce qui le dessert parfois car ses explications sont souvent à contre temps et inattendues, perturbantes et non conformes aux affirmations courantes et aux divers lieux communs de la pensée unique ou partisane, elles brillent par leur pertinence, sont souvent techniques et analysées en profondeur, avec la perspective permanente de l'histoire.

Forcément avec ce degré de finesse, il dépasse les clivages de la pensée préfabriquée, et il est quasiment 'obligé' de heurter un interlocuteur assis sur des présupposés. Pour le contradicteur, ça peut devenir vite l'heure de vérité car la pensée toute faite se brise toujours contre l'analyse et l'étude.

Sur le plan des convictions, il a une assise qu'on appelle 'réactionnaire' mais il est la preuve vivante que ce mot ne veux plus rien dire depuis que son sens s'est figé négativement dans un conservatisme de droite poussiéreux : car la réactivité intellectuelle est plutôt une forme d'intelligence sauf quand elle est réduite à un simple réflexe pavlovien, et ce, bien entendu, quelque soient les convictions personnelles.

Son défaut ? A mon avis c'est celui de sa qualité : Comme il s'appuie plus sur le bon-sens que les affirmations toutes faites, il présume trop que son interlocuteur ait suffisement de bonne foi pour le comprendre.

On se souvient de Cali qui malgré son joli minois, sa gentillesse et sa jolie voix n'a pas pu tenir longtemps tellement ce chanteur est apparu pétri de 'politiquement correct'. Le gentil garçon a commencé à avoir la gentillesse qui craquelle devant la critique et n'a trouvé pour se défendre que de déchirer les notes écrites du chroniqueur : quel aveu de faiblesse ! C'est petit, même si derrière, L. Ruquier a essayé de lui sauver la face en présentant ce déchirement de papiers à travers le plateau comme un nuage de papillons et comme une belle poésie du chanteur.



Eric Nolleau énerve. Vous savez, quand il regarde son interlocuteur avec ce regard perdu devant tant de néant et de désolation et que, de sa bouche à peine entrouverte - car vaut il la peine même d'ouvrir sa bouche ? - s'echappe alors un "... c'est consternant...." . On soupçonnerait presque à travers ce léger rictus, une pointe de jouissance sadique à 'se faire l'invité' devant tant de spectacteurs. Combien en face de lui, se sont énervés à ce moment précis : là. Et on les comprend. Et pourtant cet Eric Nolleau a de l'argument. Je l'ai connu sur Paris Première, chroniqueur dans l'émission 'Ca balance à Paris' où ses critiques sont souvent justes et décapantes. C'est vrai qu'il râpe et asticote souvent là où ça fait mal.

Je prends sa défense et celle des bons critiques avec lui. C'est vrai, zut : on n'accuse pas la brosse à récurer d'être en métal ni le rabot d'avoir une lame. Car on attends d'eux exactement ce qu'ils apportent. Or la critique, tel un outil, certes qu'il faut savoir manier, est une manière de confronter l'artiste ou l'écrivain qui par principe, "prétend" apporter quelque chose à la société. Or on a tout à fait le droit de soumettre la "prétention" de quelqu'un, au feu de la critique de quelqu'un d'autre, qui par sa pointe, s'il en a, peut décaper mensonges, facilités ou autres faux semblants. C'est de bonne règle si tant est que le critique est aussi de bonne foi. On se souvient qu'à sa place, quelques mois plus tôt, un autre critique, Michel Polac, avait maltraité Daniela Lumbroso de manière tout à fait lamentable et scandaleuse. Il avait démontré là ce que c'est qu'un mauvais critique, haineux et contrarié d'avoir simplement été confronté loyalement à lui même, je n'en dirais pas plus par égard pour ce vieillard poussiéreux et aigri.

Emission de promotion d'artistes avant tout, ce n'est certainement pas tout. On y voit autant de politiciens que d'artistes, intellectuels ou écrivains. Cela donne parfois des ratés, notament quand le politique veut faire l'artiste ou l'inverse, le mélange des genres n'est pas toujours de bon goût. Et pourtant, alors qu'on réduirait cette émission au seul titre un peu méprisant, d'émission d'amusement ou d'entertainment, on se tromperait à mon avis, car on y entend , sur fond d'amusement agréable certes, des débats et des analyses d'excellente qualité.

Laurent Ruquier, ici, a trouvé sa place, entre l'animateur que j'adorais sur 'Paris Première' où il animait la génialissime émission : 'Ca balance à Paris', où il était bien entouré, lui même empathique et sérieux, et le bateleur, l'amuseur aux jeux de mots de France2 et d'Europe 1, que j'aime moins mais qui ici a trouvé bel endroit où amener sa barque.

23 septembre 2007

Après les gants, les chaussures...

Paul Amar a donc repris l'émission de 'décryptage télé' laissée vacante par France 5 depuis l'arrêt de 'Arrêt sur Images'. Ca s'appelle 'Revu et Corrigé', titre un peu présomptieux au vu de l'émission qui pour l'instant ne me semble pas ouvrir suffisememnt les dossiers. On ouvre les chairs mais on n'atteind pas le coeur, les chairs se referment et on n'a rien vu.

On a plus l'impression d'entendre en moins bien, ce qu'on a tous déjà entendu ou vu ailleurs pendant la semaine dans ce bouillonnement plus ou moins talentueux de talkshows radios et télés. Ce qui pourrait malheureusement transformer d'entrée une émission 'intelligente' comme l'était 'ASI', en sous-talkshow de télé, avec à la barre un animateur qui semble plutôt se frotter les mains d'être assis sur une mine d'or et de faire une émission sur la télé à l'heure où la 'COM' médiatique monte jusqu' à la tête même de la Présidence.

Peut être y a t'il aubaine à prouver ainsi sa légitimité par de l'audimat assuré ? On sait qu'il se sent attendu au virage, et qu'il va devoir prouver qu'il peut remplacer son prédécesseur, alors peut être pense t-il tenir le bon bout avec une émission qui peut faire son fond de commerce rien qu'en parlant de Sarkozy et des médias ? On attends la suite...

Mais le débat est mou, l'animateur un peu ennuyant, sans vouloir être insultant ni pour lui, ni pour des invités qui de fait, se retrouvent un peu surpris de la teneur du débat. Paul Amar semble parfois regarder avec stupéfaction son soufflé tomber à plat, les invités prévus pour le pugilat sont tous d'accord car les questions sont mal posées.

Ou alors il se prend un peu les pieds dans le tapis quand par exemple il affirme que la meilleure vente de 'Closer' est la Une sur un 'politique' car ça arrange bien ses affaires et le fil de son émission : " Mais non ! " lui répond la rédactrice en chef, c'était une star de cinéma la meilleure vente : plouf.

On se souvient des gants de boxes que Paul Amar avait sorti du placard à un JT où il avait animé un court débat entre Le Pen et Tapie, gants qui pour moi avaient été plus un gadget cache-misère, une sorte d'aveu de faiblesse d'un journaliste qui rêve d'avoir du mordant et de la pertinence, mais qui n'en a pas.

Je le soupçonne d'avoir pris cette émission forte, un peu comme il avait pris les gants, un prolongement de soi, en trompe-l'oeil qui a mon avis, ne va tromper que lui, un peu à la manière de ces animateurs qui pensent être drôle dès lors qu'ils animent un bétisier ou un vidéo-gags. Et non. C'est encore la qualité intrinsèque des gens qui compte, ce qui est d'ailleurs plutôt rassurant.

Bref, je pense qu'il n'a pas assez de profondeur de vue pour soulever les véritables contradictions et paradoxes de la cuisine médiatique et d'en fabriquer un vrai débat, ni la dynamique et la finesse pour le conduire ensuite. Je le vois plus comme un journaliste généraliste, pouvant être intéressant dans un créneau plus lisse et plus consensuel, mais second couteau et suiviste sur celui du décryptage médiatique.

Il faut déjà bien comprendre la mécanique des choses pour prétendre animer une émission qui se propose justement de démonter la mécanique des choses. Ici l'ambition est même encore plus grande car 'Revu et Corrigé' ça prétend même remonter derrière correctement les choses, ce qui me parait invraisemblable alors qu'un simple 'Arrêt sur Image' se limitait à faire un constat, encore fallait il , mais c'était souvent le cas, s'arrêter sur la 'bonne' image.

Je l'entendais dire, suite aux polémiques de l'arrêt de 'ASI' , que lui au moins, et par rapport à Daniel Schneidermann, il avait le sourire. En effet, Monsieur Amar, vous êtes souriant, mais c'est un peu léger comme argument ! Les imbéciles heureux aussi ont le sourire, cela dit, pour décrypter les médias il faut peut être plus qu'un imbécile heureux.

J'ai peur pour l'avenir de cette émission qui justement rassemblait des téléspectateurs avertis à qui on ne la fait pas. Télespectateurs dont je suis et qui se permet de vous donner le dicton du jour : 'Ne vous plaignez pas si l'on vous prend pour un clown dès lors que vous vous obstinez à vouloir mettre des chaussures trop grandes à vos pieds'.

13 mai 2007

Chez F.O.G. (3)


Décidément, Jean François Kahn est un fidèle de l'émission. Aujourd'hui il est débatteur avec la paire de journalistes féminines du Monde : Raphaëlle Bacquet et Ariane Chemin dont la plume assassine écorche Ségolène Royal dans un ouvrage paru ces derniers temps 'La femme fatale' aux éditions Albin Michel.

En face d'eux, sur l'étrange fauteuil de coiffeur/Odysée de l'espace, une magnifique jeune femme qui, rien qu'à la regarder, vous donne envie de voter Sarkozy rien que pour la voir ministre : Rachida Dati. Comparée à un animal par Messieurs les députés, c'est toute les espèces félines qui y passent, de la panthère au chat en passant par la hyène (ca vient de l'UMP d'ailleurs la hyène, c'est pas très gentil...) .

Elle prouvera ce qu'elle aura dit quand après que FOG lui ait rappellé que le felin est un prédateur, elle lui répondit que la panthère n'attaque que si on l'attaque; et ce, en donnant un bon petit coup de patte à JFK, plutôt de mauvaise foi pour une fois, et qui - il faut le dire - s'est malheureusement enlisé pendant la campagne, dans son journal Marianne à écrire des éditos anti-Sarkozi de base, lui pourtant ardent ennemi de la pensée unique.

Bref, il a bien mérité le petit coup de griffe, d'une tigresse plutôt gentille. JFK d'ailleurs a du rectifier ses propos, car il raconte que depuis les fenêtres de son bureau, place de la République, il aurait vu le soir des élections des policiers et des gendarmes 'massacrer' des jeunes manifestants. (En fait il s'agira seulement de policiers qui ont fait leur travail et dispersé un groupe de jeunes qui avaient beaucoup lu Marianne et Libé leur expliquer la 'dangerosité' de Monsieur Sarkozy).

D'ailleurs le bougre, il a mis de l'eau dans son vin, depuis les resultats : ce que ne rate pas de lui faire remarquer notre ami FOG qui se marre comme une baleine en répetant qu'il se passe quelque chose sur ce plateau et que JFK se 'sarkozise' .

En effet, il semble bien que la virulence dont JFK peut faire preuve, et dont il a usé vis à vis de Nicolas Sarkozy s'est transformée : l'animal est plus gentil, plus respectueux, toujours prêt à bondir et à défendre son bon dieu de droit de liberté etc... mais bon, et comme lui souffle FOG en lui sauvant la face : c'est normal en bon 'republicain' il respecte le suffrage.

Qu'en temes élégants ces choses là sont dites ! ' . Moi, j'y vois plus une indécrottable inféodalité des aristocrates de tous poils, au pouvoir officiel, élites journalistiques particulièrement. C'est tout de même la bête qui les fait vivre, et le pouvoir c'est comme le vent, y'a un sens à trouver. Alors en repensant aux grandes indignations sur la liberté dont est capable notre ami, je ricane doucement dans ma barbe de deux jours.

Cela dit, notre ami nous a fait un numéro de sincérité sur la foi et les convictions en politique. Et je le crois. En tout cas plus pour lui, que pour Francois Bayrou qu'il défend par cette prédication enflamée. Car je veux bien que Monsieur Bayrou ait des convictions, comme la grenouille de la fable a pu aussi avoir la 'conviction' d'être aussi grosse que le boeuf.

Quant à nos deux reporters du Monde, si sympathiques, elles répètent ici ce qu'elles disent sur tous les plateaux télé : quand la vie privée influe sur la vie politique, on a le droit d'en parler, etc.... Une argumentation qui justifie des débalages sous la couverture du politique. De toute façon, elles ont raison, la vie privée influe forcément sur la vie politique : c'est sûr : si, par exemple, le président, avant le conseil des ministres, se coince le doigt dans une porte, le destin du pays pourrait peut-être en être changé, sauf que le doigt du président tout le monde s'en fout. Personne n'y verra de relation de cause à effet. Mais si par contre, il a envoyé balader un ministre car il s'est levé de mauvaise humeur en apprenant que sa femme le trompe, soyez rassurés, nobles média qui traitez de politique, vos papiers, vos éditos, vos écrits, vos bouquins et vos histoires ne seront pas classés 'people' ou 'trash' . C'est de la politique.

Quand je pense qu'il y a toujours un annonceur qui passe sa pub avant l'émission et qui croit que ' chez F.O.G. ' est une émission culturelle....











26 février 2007

Je crois que je (ne) l'aime (pas)


Un dimanche après midi pluvieux, une copine qui s'emmerde un peu, une belle affiche, des bons acteurs, une série actuelle de savoureuses petites comédies romantiques à la française, - ce qui n'est en rien un argument j'en conviens -, une idée toute faite - mais pas si fausse - qu'un Berléand fait toujours rire, des images qui pleuvent dans ma mémoire de Vincent Lindon en amoureux fougueux et un peu tordu dans 'Chaos' de Coline Serraut, tout ça en effet m'a fait lever les fesses d'un bond léger de mon confortable fauteuil en cuir.

Vincent Lindon et Sandrine Bonnaire se ressemblent beaucoup. Ils ont du charme. Beaucoup de charme. Et ils transmettent leur charme à ce film, il faut le dire, un peu laborieux. On retrouve Vincent Lindon dans ce personnage qu'il joue parfaitement bien, d'homme d'affaires passionné et hyper actif, donnant toujours cette impression de fuite en avant dans la réussite, et Sandrine Bonnaire en artiste accomplie, pleine de vivacité, au caractère fort. Je trouve ce caractère un petit peu trop surligné à mon goût, et donc légèrement surjoué, mais c'est tellement contrebalancé par le talent et le jeu de cette actrice, qu'elle donne à ce personnage une consistance et même une épaisseur malgré ce leger bruit de fond qui court le long du film.

Une remarque sur Liane Foly, qui chante merveilleusement bien et qui doit continuer à chanter, car chacun a son talent. Si c'est pour son accent canadien qu'elle apparait dans ce film, le casting est un peu faible et ça sent le copinage ou bien le caprice de star en quête de sensations, j'espère qu'à l'avenir, elle ait l'élégance de laisser ce genre de seconds rôles à de jeunes acteurs pour qui jouer est vital. Mais je ne me fais pas de soucis, car c'est justement une femme élégante.

Enfin il y a également mister Kad. On le voit beaucoup en ce moment, et du talent, il en a. Même si le personnage qu'il joue est un peu plat.

Mais en fait, et à sa décharge, c'est le film qui est un peu plat. Un homme et une femme qui s'aiment, ça peut faire le film du siècle, comme un flop total. Ici on y aura ajouté une parano à la Lindon, un Berléand en inspecteur gadget, une Sandrine Bonnaire en amoureuse exigeante, tout ça dans un Paris un peu 'bobo', et avec comme fond de marmite, une histoire de déco et d'entreprise alibi-fourre tout, allez je suis gentil, on retire le navet de la soupe même s'il y a tout de même un gros 'hic' à cette cuisine plutôt médiocre : celui d'avoir tout simplement oublié le sel.

04 février 2007

Molière

Ce film 'en costumes', fait partie de ces films qui ne se bornent pas à montrer l'histoire comme on la connaît déjà, mais cherche à explorer les zones méconnues, les thèses qui circulent. Certes, son réalisateur, tel un boulanger cherchant à rendre son pain comestible, va mélanger à la pâte de l'histoire, un peu de romance, ajouter au récit de l'historien, la saveur et la finesse de la psychologie des hommes, un peu comme le fit par exemple, Milos Forman avec Amadeus.

'Molière' est d'une très grande qualité par cette originalité scénaristique,mais aussi par sa réalisation léchée et son casting : du tonnerre !

Le film tire parti d'une période mystérieuse de la vie de Jean Baptiste Poquelin, quand en 1645, le jeune comédien disparaissait de la circulation aprés avoir été emprisonné pour ses dettes à la prison-forteresse du Chatelêt. Une période d'à peu près une année, après quoi, il sera revu, en tant que comédien itinérant, avec sa troupe théatrale en tournée à travers les villages de France et de Navarre.

Que s'est il donc passé pendant cette année là ? Personne ne le sait, et le film s'amuse, et nous avec lui, à apporter une réponse originale, intéressante et remplie d'aventures drôlatiques et de personnages fabuleux.

Mais plutôt que les personnages, parlons un peu des acteurs qui les incarnent.

D'abord il faut parler de Fabrice Luchini, dans un rôle - à contre emploi, je vous l'accorde - d'imbécile parfait, mais qui lui va comme un gant. J'en suis un peu désolé, mais Monsieur Luchini, malgré votre brillance, votre verbe, vos apartés charismatiques, votre verve fougueuse et vos élans passionnés, vous êtes un excellent et un sublime Monsieur Jourdain. Et je vous rend hommage en disant cela, car vous arrivez, d'un pauvre petit bourgeois nouveau riche, mesquin, fat et insipide à souhait, à tirer pourtant quelque panache.

Et que dire de la sublimissime Laura Morante ? Quelle femme ! Quelle beauté ! Quelle classe ! Quel rôle aussi, si impeccablement interprété. Pour ceux qui, par chez nous, méconnaissent cette actrice italienne, courrez voir sans tarder ce film, rien que pour elle, il mérite d'être vu.

Quant à notre ami Edouard Baer, il semble à son aise en aristo désabusé, à la fois rusé, escroc, et surtout bonimenteur comme on le connait.

A noter également une Ludivine Sagnier en Célimène, femme du monde, amie de la culture et des arts, éblouissant les beaux salons et amusants les baronnes, de ses mots, de ses traits et de ses piques.

C'est donc au milieu de ce petit monde qu'on retrouve Romain Duris, jeune homme aux cheveux longs et au regard noir, cherchant sa voie au travers de cette aventure, et qui finira par trouver du sens en enseignant l'authenticité et l'honneur alors qu'on l'invitait à enseigner la comédie, et le mensonge.

On retrouve ici le panache et l'honneur, les valeurs aristocratiques du 17ème siècle. On pense un peu au film "Ridicule" de Patrice Leconte, cette reconnaissance quasi-sociale, donnée à celui qui est pourvu d'esprit, de répartie et de bons mots, et bien sur, à l'inverse, le ridicule de celui qui souhaite tant en avoir tant il en manque : tous les ingrédients sont là pour inspirer et donner à écrire par exemple un 'bourgeois gentilhomme' à un Molière, encore jeune, mais observant de son regard perçant la nudité des hommes autour de lui.




14 janvier 2007

Chez F.O.G. (2)

Tiens, voilà à nouveau le formidable Jean François Kahn chez F.O.G. Ce coup ci le voilà encadré de deux jumeaux de l'aristocratie politico - économico - journalistique, deux Alain, Alain Duhamel et Alain Minc. Je m'amuse à regarder ces deux Ego gigantesques et surgonflés assis comme deux bébés dans ces étranges fauteuils à grands dossiers. Il leur manque juste une serviette géante nouée autour du cou avec de la purée et de la compote dessus. D'un côté, le petit Duhamel s'agite sur sa chaise, il aime pas qu'on le chatouille et là il est pas content et il hurle comme un putois car son voisin JFK le grand frère le taquine un peu.

De l'autre coté, l'autre bébé Minc lui a tellement peur de la pique, qu'il fait son faillot devant FOG et quand on s'adresse à lui, préfère recentrer la discussion sur l'invité de l'emission, le gros monsieur à lunettes et cheveux blanc : Monsieur Mauroy. Il faut dire qu'après la branlée qu'il s'est pris par Polac chez Laurent Ruquier une semaine avant, le Alain, il a interêt à se faire tout petit.

Il doit avoir un problème cet Alain Minc à être fuyant comme il est. On sent qu'il admire la répartie, il s'essaye à la matière, mais il a du mal. Il aimerait bien répondre du tac au tac, et d'un coup de fleuret faire mouche, mais n'est pas Cyrano de Bergerac qui veut. Alors quand il sent son copain d'à côté, JFKbis remonté comme une horloge approcher sa main chatouilleuse, oups, il panique et se défausse sur Monsieur Mauroy, évite le coup, le regard en billes de Keno.

Son bouquin sur Keynes lui sert aussi de bouclier : à parler des autres, on évite de parler de soi. Il s'en sort pas trop mal car le bouquin a l'air bien écrit et interessant, faut il encore faire partie de l'aristocratie parisienne qui connait Keynes.

Ce Mister Minc, je l'avais entendu un jour sur un autre plateau télé, faire un lapsus, il parlait des élites, et il s'était inclus sans s'en rendre compte dedans. Alors qu'il continuait à discourir sur ce sujet, il ne se rendait pas compte combien son propos alors le desservait, tellement il s'était démasqué. C'était un peu comme si un micro était resté allumé sur son Ego sans qu'il le sache.

C'est le genre de personnage un peu désagréable, une espèce d'aristo un peu arrogant qui parle facilement du peuple avec hauteur, qui vit mal sa fragilité d'intello de bonne famille, préfère faire profil bas et jouer les humbles et qui regarde cette nouvelle aristocratie de la télévision et du spectacle avec envie : au fond de lui, je suis sûr que ça lui prend même d'envier un Caué, tellement il mesure combien un Caué avec sa tchatche et ses réparties a infiniement plus de pouvoir et de reconnaissance que lui.

Cherchez l'erreur...Mais celui qui s'enerve le plus en ce moment c'est tout de même Monsieur Duhamel. Il faut dire qu'on l'a pas raté sur ce plateau car on s'en souvient, Monsieur avait écrit un bouquin sur les prétendants à la Presidence courant 2006, avec photos en couverture, et il avait oublié.... Madame Royale. Mais c'est que depuis, le petit malin, il a reécrit son bouquin, rajouté un chapitre sur la dame et évidemment changé la couverture en loucedé.

Le rappel de cet oubli, là ça l'énerve un peu, d'autant plus, le pauvre, qu'il arrive même pas à en rire, il se braque comme un cobra et essaye de se justifier : 'il n'avait pas oublié, il avait évité' dit-il, mais comprenons le bien, il ne s'est surtout pas trompé.

C'est Coluche je crois qui disait que"les français avaient choisi le coq comme emblême car c'est le seul animal qui , quand il a les deux pieds dans la merde, chante encore."

Sinon Mister Mauroy nous a rappelé avec modestie qu'il avait 'fait' la ville de Lille comme elle est aujourd'hui, merci pour les collaborateurs et les successeurs, et d'ailleurs sachez qu'au PS, certains lui doivent beaucoup : car pour acceder au pouvoir, il a fait la courte echelle à Mitterand, à Jospin et aujourd'hui à la petite Ségo. C'est le bon copain qui mets ses mains sous les chaussures boueuses pour aider à faire le mur. Sympa ce type.

En parlant d'elle d'ailleurs voilà qu'il nous fait une gaffe ou un lapsus : "Elle attends des français qu'ils fassent son programme... euh,..." il hésite, se rend compte de la bourde et se rattrape aux branches : "...enfin je veux dire le PS a déjà un programme". Ben ouais mais on avait compris ça, qu'à ce train là, ce sont les internautes qui vont gouverner la France.

Enfin, un peu au dessus de tout ça, JFK m'a donné vraiment envie de lire un de ses vieux bouquins de 600 pages paru en 1997 : "Tout change parce que rien ne change" Editions Fayard. Il a pris quelque minutes pour en faire une synthèse rapide et diablement efficace. Ce sont des théories très intéressantes, sur le réformisme ou la révolution, la différence entre la réutilisataion d'une structure (réforme) et la destruction de structure (révolution) et pourquoi l'un marche et pas l'autre. Ca sonne juste, il explique bien, et il donne un ou deux exemples. Et moi je viens déjà de trouver une application à sa théorie dans ce que je suis en train de faire. Impressionnant.

Dernier mot : FOG. Une émission comme ça, avec un JFK en forme, il n'a plus qu'à mettre le pilotage automatique. A voir son visage rieur et son bonheur de potache, c'était lui le premier spectacteur de cette émission.

Chez F.O.G. (1)

12 novembre 2006

Prête moi ta main



Alain Chabat disait de Pierre Lescure "Pierre est toujours d'accord pour la déconne, mais bien faite". Avec ce film, on peut lui retourner le compliment, à lui en tant que producteur et acteur mais également co-auteur, et au réalisateur Eric Lartigau déjà familier du genre avec des réalisations cinéma comme : "Qui a tué Paméla Rose?" ou "Un ticket pour l'espace" mais aussi sur Canal+ avec notamment la réalisation de la drolatique série déjantée "H".

Voilà une comédie romantique qui aurait pu être bâclée, bâtie sur un scénario cliché, dont la trame pouvait être archi-prévisible et contenue dans le titre, dont les dialogues comme les situations auraient pu être convenus si elle n'avait pas été traitée - en petite comédie bijou qu'elle est - avec la finesse et le dosage digne d'un grand chef de cuisine dont la spécialité est, depuis déjà un bon moment, le burlesque déjanté.

Il faut dire qu'avec ce casting aux petits oignons, et cette belle brochette d'acteurs comme ingrédients de base, ça part déjà pas trop mal. A commencer par la délicieuse Charlotte Gainsbourg, autant à l'aise, et chic, en petite bourgeoise charmante que "trashy", et dont le rôle semble taillé pour elle. Cette fille a un charme à tomber par terre, elle a 35 ans et la classe d'une Charlotte Rampling. Cette belle jeune femme, toute dans sa fraîcheur, montre ici avec beaucoup de talent, un jeu d'acteur qui semble lui être si naturel et si facile.

Et que dire de Bernardette Lafont dans ce rôle de mère terrifiante ? Veuve et mère de cinq filles interprétées par cinq actrices formidables, elle est un vrai dragon au féminin, une institution matriarcale de choc qui, avec ses cinq filles, décide de prendre en main le destin marital de cette 'mollusque' de fils et frère, ce vieux célibataire endurci et impénitent incarné par notre ami Alain Chabat.

Alors l'histoire, bien construite, bien rythmée, vous emmène sur un 'grand huit' de rebondissements déjantés, de situations décalées et de quiproquos délicieux, dont un, mémorable, concernant l'adoption. Je n'en dis pas plus, c'est à mourir de rire, c'est fin et délicieux, c'est de "la déconne bien faite", très bien faite même puisqu' on en sort avec le sourire aux lèvres et avec une furieuse envie de refaire un tour !

10 novembre 2006

L'aristocratie populaire

Je préfère une mauvaise conscience conseillée par de la bonne foi qu'une bonne conscience guidée par de la mauvaise foi.

Cette pensée m’est venue, en réfléchissant à la droite et la gauche françaises, et notamment en réaction à ces hurlements d'une certaine gauche bien pensante, pétrie de bonne conscience, faite de politiciens, mais aussi d'artistes, de sportifs ou de journalistes et qui se polarise sur la personne de Nicolas Sarkozy d'une manière éhontée.

En effet, j'admets qu'on ne puisse pas aimer quelqu’un, ni partager ses idées, chacun est libre. Et on peut même le dire librement dans notre pays, en tout cas, à ses risques et périls. Mais tirer aujourd'hui à boulets rouge sur le premier policier de France, quel qu'il soit, c'est encourager derrière, des plus jeunes à faire la même chose. C'est une attitude profondément irresponsable. Pour preuve : on retrouve dans ce comportement une caractéristique probante de ce qu’est un irresponsable : il accuse systématiquement un autre que lui, du mal qu'il fait lui-même.

Par exemple : "C'est Sarkozy qui mets le feu dans les banlieues" disent-ils, alors que simplement par cette simple accusation, ils ouvrent déjà la porte à la contestation de l'autorité en place, en montrant l'exemple. Ceux ci ont le pouvoir et peuvent se servir des media pour attaquer ainsi la police, en attaquant le premier policier de France, mais d'autres, plus démunis qu'eux, n'ayant qu'un cocktail molotov ou des caillasses sous la main, vont faire exactement la même chose derrière, puisqu'ils ont l’aval de gens ‘sérieux’ entendus sur les média. En réalité ce sont EUX qui mettent le feu en soufflant ainsi sur les flammes l'appel à une révolution que eux mêmes, tous plus ou moins riches et célèbres n'auraient aucun courage de faire.

D'ailleurs à propos de ces irresponsables qui ne sont pas à une incohérence près, je voudrais juste signaler que s'ils se faisaient cambrioler ou agresser dans la rue, ils seraient les premiers à aller courrir dans le premier commissariat pour aller pleurer.

J’entendais récemment des grosses pointures médiatiques -plutôt à gauche - s’interroger sur leur part de responsabilité à filmer et à parler de la violence dans les banlieues. C'est bien, car à mon avis c'est un peu de leur mauvaise conscience qui s'exprime et donc qui fonctionne. C'est bon signe : ils n'ont pas encore calaminé toute la tuyauterie à la bonne conscience. Avoir quelque chose à se reprocher, c'est plutôt un signe de bonne santé morale. Mais que penser ? Je n'ose pas croire que ces barons des media aient déjà oublié les fondamentaux de leur métier à savoir entre autres, l'objectivité journalistique ? On a envie de leur dire qu’ils continuent de faire leur boulot et qu'ils continuent de parler et de décrire l’actualité, au plus près de ce qu'elle est, mais qu'ils arrêtent de donner le mauvais exemple en levant le poing – verbalement bien sur – contre la police dans la personne du ministre de l’Intérieur, car je le rappelle, quel qu'il soit, qu'on partage ou non ses opinions, c'est notre système démocratique qui l'a placé là.

Je ne parle pas non plus du personnel politique de gauche , dont le discours se situe déjà beaucoup moins dans l'autocritique à une ou deux exceptions près , et qui de fait, fait exploser le mesuromètre à mauvaise foi. Car j’aimerais voir un ministre de l’intérieur de gauche face à la situation catastrophique actuelle. Aujourd’hui quand les socialistes se vantent du passé, ils n’ont qu’un nom à citer pour ce poste : celui de Mr Chevènement, qui a été en son temps un Sarkozy de gauche avec ses ‘sauvageons’ : la veste est vite retournée car n’oublions pas qu’à l’époque il était critiqué par les mêmes de faire une politique de ‘droite’.

Auto-critiquons plutôt notre société et notre système démocratique mais pitié, un peu de bonne foi !! Car il y a dans ces attaques forcenées, un aveuglement et une mauvaise foi totale.

Je veux seulement revenir une minute sur le fameux terme de "racaille". Tout le monde sait que ce terme dans la bouche du ministre désignait SEULEMENT les voyous. C'est certainement un mot passe-partout certes, mais c'est aussi un des mots les plus légitimes pour parler du délinquant sans amalgames avec tous les jeunes. D'ailleurs tous les jeunes de banlieue utilisent ce mot pour bien désigner le délinquant et personne ne s'en plaint. Tout le monde sait également que cette délinquance existe, qu'elle augmente, qu'elle nuie à la société comme de la gangrène, en la pourrissant de l'intérieur. Tout le monde sait qu'il faudrait que le trafic de drogue, la violence qui grandit, l'irrespect qui irrite et exaspère tout le monde, soient "karchérisés" dans notre pays. Tout le monde le sait. Mais on a trouvé notre nouveau bouc émissaire raciste en France. Je signalerai simplement à ces bon penseurs qu'un certain Mr LePen à tout à gagner à cela, non seulement car cette haine s'est déplacée de lui vers Mr Sarkozy, mais aussi et surtout parce que finalement la nature subjective et irrationnelle de ces haines finit par se retourner contre ceux qui l'exercent et absoudre ceux qui en sont l'objet.

Aujourd'hui je suis en colère contre cette gauche inconsistante, incapable de réflechir sur le fond. Elle est réactionnaire, elle qui se sert de ce mot pour insulter les autres, mais je maintiens ce mot contre elle, car il la represente si bien dans cette incapacité qu'elle a de se fédérer autrement qu’en réaction haineuse à quelqu’un. C'est le summum de la médiocrité en terme d'intelligence et de bonne foi. Ce ne sont même pas des aristos - selon Montesquieu -, bien qu’ils jouent ce rôle, et quand ils sont chanteurs ou comédiens ou journalistes, ils feraient bien d’arrêter de faire cette politique à 3 balles de donneurs de leçons immodestes et de retourner travailler à leur domaine de compétences.

Qui est le roi dans une démocratie ? Qui a le pouvoir officiel ? qui est détenteur du pouvoir, de la 'Cratie' ? C'est le Peuple. C'est le "demos" qui "crate" . Et que dit Montesquieu à ce propos ? Lui qui a observé à la fois la monarchie et la démocratie, et qui conclu qu'il perdure à ces deux formes d'exercice du pouvoir si différentes, la même caste qu'il appelle l'aristocratie. En quelques paragraphes de "L'esprit des lois" il démontre qu'il existe un pouvoir officieux qui influence le pouvoir officiel. C'était la cour des aristos à Versailles quand c'était le roi qui était le représentant constitutionnel du pouvoir.

Il faut donc chercher le vrai pouvoir, le pouvoir officieux, comme influant directement le détenteur du pouvoir officiel et donc dans notre démocratie rechercher du côté de ceux qui influencent le peuple, l'opinion publique.

Qui a ce pouvoir officieux dans une démocratie ? Qui le "peuple" écoute ? Par qui le peuple se laisse t'il convaincre ? Qui le "peuple" applaudit dans les agoras télévisées où personnages en vue, chanteurs, sportifs, comédiens voire politiciens-ecrivains viennent s'exprimer, vendre leurs soupe, et en plus expliquer leurs points de vue - plus ou moins fumeux - comme des vérités premières ? Points de vues au demeurant assez souvent consensuels fortement ancrés dans la pensée unique et tendancielle. Toute cette fange de gens célèbres et influents, j'appelle ça "l'aritocratie populaire", un peu comme une aristocratie miroir à celle du sang bleu, qui s'adresse aujourd'hui au peuple de visu comme la cour qu'elle était, parlait au roi face à face dans les avenues du parc à Versailles.

Le vrai pouvoir se mesure en influence. Il s'exerce sur un territoire. C'est pour cela qu'aujourd'hui, le veritable territoire d’influence de nos démocraties, ce sont les média.

La légitimité de cette « aristocratie populaire » ? le succès. Ils ont éblouis par leurs chansons, leurs films, leurs éditos. On y trouverait autant Cali que Djamel, Joe Star, Bernie Bonvoisin, Charles Berling ou Philippe Val et bien d'autres, ils se servent d’un succès populaire qu’ils ont gagné en dehors de la politique ou bien sur le dos de la politique pour s’exprimer dans les média qu’en ce n’est pas eux également qui les font. Cette légitimité ne leur donne pas forcément une compétence politique mais manifestement, aujourd'hui force est à chacun d'être compétant dans ce qui le concerne comme dirait l'évangile selon Ségolène.

Je n'ose pas penser que ces pauvres reflexions démagogiques, cette prose récurrente et injustement centrée contre la personne de Mr Sarkozy, ce ramassis de propos faciles et gratuits, gonflés de pensée unique, pseudo-légitimés par l'audience forte de média populaires ou nouveaux comme l'internet, servent d'ingrédients de base à la soupe populaire que Madame Royale se prépare à nous servir.

Mais pourtant, j'ai bien peur que le fond de commerce de cette gauche archaïque - dont Madame Royale va bien devoir maintenant assumer la pleine representativité - soit réduit à ce front anti-droite, anti-sarko, front réactionnaire et haineux, entêté et dépourvu d'autocritique, sans autre ambition que de détruire sans rien proposer d'intelligent à construire sinon d'exercer le pouvoir du kalife à la place du kalife.

Mais en face, il y a un peuple en désarroi et qui souffre. Il a besoin d'un gouvernement fort, il le pressent. Il sait que Madame Tatcher a remis l'Angleterre debout, économiquement, et moyennant un prix élevé pour chacun. Il pressent que l'avenir va être difficile et sacrificiel et c'est pour cela qu'il se prépare à élire une femme. Car dans l'inconscient collectif on accepte plus la fermeté maternelle, qui sait si bien s'enrober de douceur. Mais de toute manière, homme ou femme, la tâche du prochain Président quel qu'il soit, et de son gouvernement sera rude surtout s'il ne traite pas correctement et fermement d'économie devant la mauvaise gestion financière du pays.

Mais surtout, le projet présenté aux français ne doit pas reposer sur une révolte permanente et profonde de la moitié de la France contre elle même. Il doit être débarrassé de ces haines profondes entre la gauche et la droite. Un bon médecin est il de droite ou de gauche ? Cette question est ridicule tout comme le serait le fait de réduire l'avenir à une révolution.

Car le prochain président ne pourra pas être un opportuniste démago affaibli par une campagne faite de promesses impossibles à tenir, il devra rester hermétique aux sirènes de nos aristos de bazar qui auront pourtant influencé le vote.

Car il sera alors bien dans la peau d'un médecin au chevet d'un pays malade et il devra alors être habité par une vision claire, efficace et non dogmatique des remèdes à utiliser ainsi que posseder une opiniâtreté et faire preuve de beaucoup de courage pour appliquer correctement sur les plaies, les bons traitements.