The queen




Est ce un film en forme de documentaire ou bien une fiction inspirée de la réalité ?On aimerait bien savoir si les petites piques et répliques pointues de la reine sont réelles ou inventées. La réponse, Stephen Frears la donne ici : "Nous avons fait beaucoup de recherches et utilisé notre imagination. On pourrait dire qu'il s'agit de notre imagination basée sur nos recherches. Après, nous avons tous un instinct pour déterminer si quelque chose nous semble crédible ou pas. " La suite de cet article laisse penser que beaucoup de choses ont été inventées ou ajoutées à des faits réels lus ou entendus ci et là. Difficile de savoir...
Cela dit, l'histoire est en effet très crédible, et nous donne l'envers d'un décors que nous connaissons tous : celui de ces milliers de bouquets de fleurs adossés aux grilles du palais de Kensington, dernière demeure d'une célèbre princesse brutalement disparue, tandis qu'un autre palais, un certain "Buckingham Palace" reste bien silencieux, aux lendemains de ce sinistre 31 Août 1997.
Ce film retrace donc la période qui commence par l'élection de Tony Blair comme 'Prime Minister' quelques temps avant l'accident de Lady Diana, jusqu'à quelques mois après. L'Angleterre adore ce nouveau premier ministre travailliste, jeune, moderne qui succéda au long règne - 1979-1997 - de deux dinosaures du parti conservateur, respectivement Margaret Thatcher et John Major.
Un peu trop moderne au goût de la reine, certes, mais tout à fait à son goût pour le prince Charles qui voit en lui un allié dans ses tourments familiaux. Il faut dire que le prince Philipp et la reine mère, enfermés et engoncés dans leur tradition, ne sont pas du meilleur conseil pour Elisabeth II et notamment au coeur de ce qui va faire le thème du film : la réaction populaire de chagrin et de stupeur que suscita alors le silence et le dédain de la Couronne devant la mort de la princesse Diana.
C'est alors un jeu d'acteurs extraordinaire, toute en lueurs, en subtilités entre une Hellen Mirren époustouflante de génie, souveraine dans l'âme, qui va lentement se métamorphoser dans une solitude nécessaire, et un Michael Sheen, dans le rôle d'un Tony Blair audacieux et punchy, qui n'hésite pas à déranger et conseiller la reine - ce qui rappellons le, en Angleterre, est anticonstitutionnel.En fait, cette femme d'apparence si glaciale, est à ce moment là, au fond d'elle même, écartelée entre une époque qui va trop vite, un épisode Lady Diana 'mal digéré', un peuple qu'elle sent aigri contre elle, un rejet populaire qu'elle commence à comprendre et, en face, au sein de sa famille - beaucoup moins noble qu'elle - un monde clos, petit, portant du fruit comme une branche d'arbre sec, et enfermé dans mille ans d'histoire et de protocole rigide et lourd.
Pourtant, le coeur de cette femme va semble t-il, commencer à fondre comme de la glace. Pour les uns, c'est sincère, pour les autres c'est feint... Peut être n'est-ce ni l'un ni l'autre, ou bien les deux à la fois, et Stephen Frears nous manipule.... Je ne sais plus très bien, mais ce que je sais maintenant, c'est que j'aime un peu plus, sans la connaître, cette femme incroyable qu'est Elizabeth II, the Queen of the United Kingdom and all the other Commonwealth realms.
Film intéressant bien qu'insatisfaisant : plutôt photographique, statique et lent, que vif et animé, ce n'est pas de la haute-tension, mais c'est techniquement bien fait, dévoilant avec une belle caméra, un Paris plein de poésie, parfois c'est beau mais un peu long, - comme ce plan en caméra subjective sur des pigeons occupés par un bout de pain et dont un moteur de voiture va arrêter subitement la rêverie - il apprend toutefois beaucoup sur la difficulté des relations humaines et notamment sur les préjugés des uns et des autres.
Dans la série : ‘un américain se moque gentiment des américains’, le coup est assez réussi et à ce titre, je propose de regarder ce film, ce road-movie, comme une allégorie rigolote de l’Amérique en marche. Une Amérique intéressante et méconnue, qui ne fonctionne pas très bien, une Amérique un peu déglinguée, à l’image de ce van Volkswagen un peu usé et souffreteux, conduit par un vrai américain, sincère et naïf, aux théories imbéciles sur la vie, un peu comme peut l'être aussi parfois l’Amérique, quand elle se laisse conduire par ce genre d’idéologies inconsistantes basées sur une compétition débile à la réussite et au succès à tout prix.
Dans le van, à ses côtés une humanité pleine d’illusions et de 'loose'. Tous ont un peu raté, un peu échoué. En vrac : le grand père, un vieil obsédé sexuel qui se plaint de sa vie ratée, des enfants qui croient dur comme fer à leurs illusions et qu'ils ne vont pas tarder à perdre, un oncle taciturne et suicidaire et une mère admirable mais qui regarde tout ça en pleurant. Et bien évidemment, à leur tête, le roi des 'loosers' : Mister « I am a winner» .
C’est pourtant une perle d’innocence, cette petite, un véritable composé de fraîcheur et d’intelligence : le genre qui lève ses yeux et vous regarde d'en bas, visse son regard dans vos yeux, et de derrière les carreaux de ses lunettes immenses, vous pose une question direct-upercut qui ferait dire la vérité au plus grand des menteurs.
Quant au concours de beauté en question, il est plutôt corsé. Ou plutôt corseté. Dans le genre « cul-cul la praline » on fait difficilement mieux. C’est le paradis californien de quelques hideuses bonnes femmes à bigoudis qui se servent de jolies petites fillettes, qu’elles transforment et coiffent à leur image. Elles jouent à la poupée. C’est le summum du vide sidéral, de la fadeur nombriliste et du mauvais goût. Pendant que les fillettes font la pose, un animateur au sourire-dentifrice chante – mal - un cantique sirupeux dans le genre : "Dieu bénit l'Amérique et répands sur elle ses bienfaits" à la gloire et au bénéfice d'une Amérique plus égoïste et hautaine que soucieuse de la bénédiction du monde .