26 février 2007

Je crois que je (ne) l'aime (pas)


Un dimanche après midi pluvieux, une copine qui s'emmerde un peu, une belle affiche, des bons acteurs, une série actuelle de savoureuses petites comédies romantiques à la française, - ce qui n'est en rien un argument j'en conviens -, une idée toute faite - mais pas si fausse - qu'un Berléand fait toujours rire, des images qui pleuvent dans ma mémoire de Vincent Lindon en amoureux fougueux et un peu tordu dans 'Chaos' de Coline Serraut, tout ça en effet m'a fait lever les fesses d'un bond léger de mon confortable fauteuil en cuir.

Vincent Lindon et Sandrine Bonnaire se ressemblent beaucoup. Ils ont du charme. Beaucoup de charme. Et ils transmettent leur charme à ce film, il faut le dire, un peu laborieux. On retrouve Vincent Lindon dans ce personnage qu'il joue parfaitement bien, d'homme d'affaires passionné et hyper actif, donnant toujours cette impression de fuite en avant dans la réussite, et Sandrine Bonnaire en artiste accomplie, pleine de vivacité, au caractère fort. Je trouve ce caractère un petit peu trop surligné à mon goût, et donc légèrement surjoué, mais c'est tellement contrebalancé par le talent et le jeu de cette actrice, qu'elle donne à ce personnage une consistance et même une épaisseur malgré ce leger bruit de fond qui court le long du film.

Une remarque sur Liane Foly, qui chante merveilleusement bien et qui doit continuer à chanter, car chacun a son talent. Si c'est pour son accent canadien qu'elle apparait dans ce film, le casting est un peu faible et ça sent le copinage ou bien le caprice de star en quête de sensations, j'espère qu'à l'avenir, elle ait l'élégance de laisser ce genre de seconds rôles à de jeunes acteurs pour qui jouer est vital. Mais je ne me fais pas de soucis, car c'est justement une femme élégante.

Enfin il y a également mister Kad. On le voit beaucoup en ce moment, et du talent, il en a. Même si le personnage qu'il joue est un peu plat.

Mais en fait, et à sa décharge, c'est le film qui est un peu plat. Un homme et une femme qui s'aiment, ça peut faire le film du siècle, comme un flop total. Ici on y aura ajouté une parano à la Lindon, un Berléand en inspecteur gadget, une Sandrine Bonnaire en amoureuse exigeante, tout ça dans un Paris un peu 'bobo', et avec comme fond de marmite, une histoire de déco et d'entreprise alibi-fourre tout, allez je suis gentil, on retire le navet de la soupe même s'il y a tout de même un gros 'hic' à cette cuisine plutôt médiocre : celui d'avoir tout simplement oublié le sel.

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