14 janvier 2007

Chez F.O.G. (2)

Tiens, voilà à nouveau le formidable Jean François Kahn chez F.O.G. Ce coup ci le voilà encadré de deux jumeaux de l'aristocratie politico - économico - journalistique, deux Alain, Alain Duhamel et Alain Minc. Je m'amuse à regarder ces deux Ego gigantesques et surgonflés assis comme deux bébés dans ces étranges fauteuils à grands dossiers. Il leur manque juste une serviette géante nouée autour du cou avec de la purée et de la compote dessus. D'un côté, le petit Duhamel s'agite sur sa chaise, il aime pas qu'on le chatouille et là il est pas content et il hurle comme un putois car son voisin JFK le grand frère le taquine un peu.

De l'autre coté, l'autre bébé Minc lui a tellement peur de la pique, qu'il fait son faillot devant FOG et quand on s'adresse à lui, préfère recentrer la discussion sur l'invité de l'emission, le gros monsieur à lunettes et cheveux blanc : Monsieur Mauroy. Il faut dire qu'après la branlée qu'il s'est pris par Polac chez Laurent Ruquier une semaine avant, le Alain, il a interêt à se faire tout petit.

Il doit avoir un problème cet Alain Minc à être fuyant comme il est. On sent qu'il admire la répartie, il s'essaye à la matière, mais il a du mal. Il aimerait bien répondre du tac au tac, et d'un coup de fleuret faire mouche, mais n'est pas Cyrano de Bergerac qui veut. Alors quand il sent son copain d'à côté, JFKbis remonté comme une horloge approcher sa main chatouilleuse, oups, il panique et se défausse sur Monsieur Mauroy, évite le coup, le regard en billes de Keno.

Son bouquin sur Keynes lui sert aussi de bouclier : à parler des autres, on évite de parler de soi. Il s'en sort pas trop mal car le bouquin a l'air bien écrit et interessant, faut il encore faire partie de l'aristocratie parisienne qui connait Keynes.

Ce Mister Minc, je l'avais entendu un jour sur un autre plateau télé, faire un lapsus, il parlait des élites, et il s'était inclus sans s'en rendre compte dedans. Alors qu'il continuait à discourir sur ce sujet, il ne se rendait pas compte combien son propos alors le desservait, tellement il s'était démasqué. C'était un peu comme si un micro était resté allumé sur son Ego sans qu'il le sache.

C'est le genre de personnage un peu désagréable, une espèce d'aristo un peu arrogant qui parle facilement du peuple avec hauteur, qui vit mal sa fragilité d'intello de bonne famille, préfère faire profil bas et jouer les humbles et qui regarde cette nouvelle aristocratie de la télévision et du spectacle avec envie : au fond de lui, je suis sûr que ça lui prend même d'envier un Caué, tellement il mesure combien un Caué avec sa tchatche et ses réparties a infiniement plus de pouvoir et de reconnaissance que lui.

Cherchez l'erreur...Mais celui qui s'enerve le plus en ce moment c'est tout de même Monsieur Duhamel. Il faut dire qu'on l'a pas raté sur ce plateau car on s'en souvient, Monsieur avait écrit un bouquin sur les prétendants à la Presidence courant 2006, avec photos en couverture, et il avait oublié.... Madame Royale. Mais c'est que depuis, le petit malin, il a reécrit son bouquin, rajouté un chapitre sur la dame et évidemment changé la couverture en loucedé.

Le rappel de cet oubli, là ça l'énerve un peu, d'autant plus, le pauvre, qu'il arrive même pas à en rire, il se braque comme un cobra et essaye de se justifier : 'il n'avait pas oublié, il avait évité' dit-il, mais comprenons le bien, il ne s'est surtout pas trompé.

C'est Coluche je crois qui disait que"les français avaient choisi le coq comme emblême car c'est le seul animal qui , quand il a les deux pieds dans la merde, chante encore."

Sinon Mister Mauroy nous a rappelé avec modestie qu'il avait 'fait' la ville de Lille comme elle est aujourd'hui, merci pour les collaborateurs et les successeurs, et d'ailleurs sachez qu'au PS, certains lui doivent beaucoup : car pour acceder au pouvoir, il a fait la courte echelle à Mitterand, à Jospin et aujourd'hui à la petite Ségo. C'est le bon copain qui mets ses mains sous les chaussures boueuses pour aider à faire le mur. Sympa ce type.

En parlant d'elle d'ailleurs voilà qu'il nous fait une gaffe ou un lapsus : "Elle attends des français qu'ils fassent son programme... euh,..." il hésite, se rend compte de la bourde et se rattrape aux branches : "...enfin je veux dire le PS a déjà un programme". Ben ouais mais on avait compris ça, qu'à ce train là, ce sont les internautes qui vont gouverner la France.

Enfin, un peu au dessus de tout ça, JFK m'a donné vraiment envie de lire un de ses vieux bouquins de 600 pages paru en 1997 : "Tout change parce que rien ne change" Editions Fayard. Il a pris quelque minutes pour en faire une synthèse rapide et diablement efficace. Ce sont des théories très intéressantes, sur le réformisme ou la révolution, la différence entre la réutilisataion d'une structure (réforme) et la destruction de structure (révolution) et pourquoi l'un marche et pas l'autre. Ca sonne juste, il explique bien, et il donne un ou deux exemples. Et moi je viens déjà de trouver une application à sa théorie dans ce que je suis en train de faire. Impressionnant.

Dernier mot : FOG. Une émission comme ça, avec un JFK en forme, il n'a plus qu'à mettre le pilotage automatique. A voir son visage rieur et son bonheur de potache, c'était lui le premier spectacteur de cette émission.

Chez F.O.G. (1)

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